compte rendu : ANNECIME 2009 du 24.07.2009 de Benoît

Au départ, cette course n’était pas programmée. Mais voilà, après le retournement de situation sur le Grand Duc (inscriptions closes puis remplacement au pied lever de Patrice pour finalement faire la course en duo avec Marie et terminer sur le podium à la 3ième place en mixte), je m’étais rabattu sur l’Annécime.

Au final, je me retrouve à aligner ces deux trails en 15 jours : chargé mais deux superbes courses pour clôturer la saison (en beauté ?).

En plus, Ludo fait la course et ce sera son premier trail aussi long.

C’est vraiment cool de faire la course avec lui alors que nous nous sommes tapés la bourre tout l’hiver sur les cross et qu’il m’a permis d’apprendre beaucoup sur ces courses. Des supers moments ensemble.

A moins de lui rendre modestement l’appareil sur les trails. Il a toutes les qualités requises pour cartonner et il ne brûle pas les étapes. Bref, on va bien s’amuser biggrin


Côté logistique, c’est le branle bas de combat: nous partons en Corse avec Sandra le lendemain de la course et nous faisons suivre tout le matos nécessaire de camping !

Nous débarquons chez Philippe la veille dans son petit havre de paix.

C’est vraiment cool de retrouver Philippe après les excellents moments passés sur le Défi l’été dernier en compagnie de Julien.

Samedi – Jour de Course (oui oui, course un samedi, c’est pas mal finalement). cool

Le départ se fait du Doussart de l’autre côté du lac à 9h. On pourra dormir un peu contrairement aux solos qui se sont élancés d’Annecy depuis la plage du Pâquier à 3h30 du matin !!

Nous avons bien étudié le parcours avec Ludo, Philippe m’éclaire sur les parties qu’il connaît (notamment sur le Veyrier) où il a l’habitude de s’entraîner.

Ça s’annonce vraiment costaud et technique : 40 km et presque 2 600 D+ pour autant de D-. A l’image de la Chartreuse, ce coin des Alpes est très technique.

L’idée est de faire une belle dernière course et pourquoi pas une belle place pour le 3ième et dernier trail de ma saison où j’ai augmenté progressivement le kilométrage.

Je suis entraîné pour les courses de montagne, pas pour les trails de cette distance. Je risque de souffrir sur le final mais peu importe, j’ai vraiment la sensation d’avoir progressé dans le temps de soutien des efforts plus longs et mon relais du Grand Duc me l’a confirmé.

Entre les deux courses, cela a été relâche avec uniquement des légers footings pour faire du jus.

Cardio à 39 la semaine de la course et surtout j’ai pu dormir plus qu’à l’habitude. Je me sens frais et motivé. smile

Ludo l’est tout autant et est très impatient d’en découdre. Philippe se prépare pour le Défi et pense faire la course en negative split et terminer fort si la forme est là

9h – Départ de la course

Pan !

Nous sommes sur la première ligne et cela part assez vite, à 16 km/h sur la route pendant 2 kms menant à la pente direction le col de la Forclaz.

Je suis 5ième, Ludo 6ième. Les jambes sont bonnes, je suis relâché.

La pente commence et celle-ci me convient bien : elle se courre assez facilement et me permet de faire tourner les jambes.

Les positions se figent rapidement et le train de la route fait des dégâts. lol

Nous sommes rapidement un groupe de 5 scindés en deux parties proches.

Ludo perd quelques mètres mais il s’y attendait. Je suis facilement le rythme et nous ne sommes plus que 4 devant.

A mi col, le groupe de 4 se coupe, et je me retrouve second dans le sillage de Pascal Mouchage. Je me pose quelques questions : suis-je parti trop vite ? Le parcours est long et difficile. Mais j’écoute mes sensations et le rythme me convient bien.

Jérémie Chapuis et Nicolas Geydet suivent à une quelques secondes.

Puis, première hésitation de balisage : nous arrivons à un petit carrefour : à gauche ? Tout Droit ? La balise n’est pas bien placée.

Jérémie et Nicolas reviennent sur nous, concertation collective (le trou est déjà fait derrière) et on prend à gauche. Une rubalise nous le confirme plus loin.

On en rigole, c’est décontracté et on poursuit la montée. Ce regroupement fait augmenter le rythme et ça repart fort. L’effort devient plus difficile et les voix cessent.

Sous le col, ça sent le forcing. lol

Nous passons à 4 au col, Sandra est là en compagnie de la sœur de Ludo et elle est assez surprise de me voir si bien placé.

Les visages sont désormais fermés et concentrés, tout le monde pense déjà au podium. Nous n’en sommes qu’au km 5 mais ça sent vraiment le bon wagon avec un rythme fort sans relâche.

Après le col, cela continue de grimper et là je commence à m’accrocher en queue de peloton.

La course s’est franchement durcie et Pascal est l’homme fort de la course.

Jérémie semble à l’aise. Je suis plus en retrait mais je sais qu’il me faut m’accrocher sans me mettre dans le rouge pour espérer faire mon premier podium en solo après la 4ième au Trail des Collines où j’avais eu la sensation d’avoir loupé la 3ième place en ne m’accrochant pas au bon moment.

On n’a pas la chance tous les jours d’être dans cette position.

Direction le chalet de l’Aulp et le col de Frêtes : des gros morceaux entrecoupés de quelques descentes.

Logiquement, je perds quelques mètres en compagnie de Jérémie. Mais nous sommes toujours en bonne place et personne derrière. Dans les descentes, je pousse Jérémie à s’accrocher et réciproquement en montée où il est supérieur à moi et d’une grande facilité. Je mets me mode marche rapide quand les jambes chauffent trop. Pas le temps de souffler, on enchaîne les difficultés en serrant plus ou moins les dents.

Sur un replat au Chalet de l’Aulp, Pascal et Nicolas sont en vue. Jérémie augmente le rythme, ça devient difficile de le suivre ! ill

Il impose vraiment un gros rythme. Nous discutons longtemps durant la course, on fait connaissance et il connaît tout le monde : Pascal Guiguet futur vainqueur du 80 km, maître Dawa qu’il rejoint le lendemain à Serre Che pour le Trail des Cerces, …. Je devine à son accent qu’il vient du Jura. De très bons moments de course et d’échange.

On discute également tactique. J Pascal Guiguet (qui est du coin) lui a conseillé d’en garder pour la montée et la crête du Veyrier qui est raide et très technique (et surtout après 25 km de course…). Les écarts peuvent être apparemment important dans ce secteur. J’en reparlerai….

On décide de terminer ensemble : il grimpe mieux, je descend mieux, on unit nos forces pour viser tous les deux notre premier podium. A presque mi course, cela semble tôt mais en se retournant, l’écart semble vraiment creusé et en s’entraidant, nous aurons plus de chances d’y arriver.

En direction du Roc de Lancrenaz, la pente est franchement raide et les efforts précédents se font ressentir. Nous ne voyons plus Pascal et Nicolas.

L’arrivée au Col des Frêtes est très technique et magnifique : quelle vue sur le lac !

Des spectateurs nous encouragent, j’ai lâché une bonne centaine de mètres sur Jérémie.

La descente commence, il s’agit de la plus raide et la plus difficile. Je fais le forcing pour revenir sur Jérémie, les quadriceps sont en feu mais il faut que je revienne ! mad

L’hélico nous survole et filme en sur place. Punaise, c’est le Tour de France ! J’en ai des frissons mais c’est pas le moment de prendre une boite J Je force d’ailleurs trop l’allure !

Jérémie est de plus en plus près et je le rejoins à la fin de la partie de la plus difficile.

Direction Bluffy pour nous deux, on gère la fin de la descente pour souffler et reprendre des forces. La course va se jouer après ce ravito. On en est bien conscient.

Sandra m’attend au village pour m’aider au ravito. Nous avons 4 min de retard sur les deux hommes de tête (mais on ne le sait pas).

A part un gel qui je prends à intervalle régulier, je n’ai toujours pas ingéré de solide jusqu’à là après 2h35 de course : c’est le moment et j’en ai envie.

Du saucisson, du fromage, du coca pendant que Sandra me fait le plein. Et encore une caméra qui nous filme au passage ! J’essaie cette fois de ne pas m’étouffer avec le saucisson .

Je suis fatigué mais ça va. J’ai encore des forces et il en faut.

Le ravitaillement est assez rapide et nous repartons tous les deux.

Le début de la montée se fait sur route sur le coup de 12h. Chaleur !

Le rythme est toujours là, d’ailleurs je me dis que je ne m’imprégnerai pas une telle allure seul. Je préviens Jérémie que je risque de craquer un moment ou un autre et qu’il n’hés ite pas à partir devant. Il a assez fait de boulot pour moi, je ne veux pas qu’il perde sa 3ième place suite à un retour de derrière, on se sait jamais. Il est bien plus frais que moi.

Je commence vraiment à serrer les dents, les yeux rivés au sol, je m’efforce de me redresser pour ne pas trop me casser le dos. Cette montée est difficile surtout à ce moment de la course.

Sous les crêtes du Veyrier, nous redescendons, étonnant. Pas de rubalise en vue. Et voilà, les deux premiers en compagnie du second solo qui viennent dans notre direction ! Ils ont fait la même erreur que nous et ils sont allés encore plus loin !

Nous remontons dans la bonne direction et le 3ième solo que j’avais doublé avec Jérémie revient sur nous à l’intersection « fatale ».

Là, on ne rigole plus, c’est rageant, ce n’est pas la première fois et rien n’indiquait le contraire. En plus, cela peut fausser la course.

Regroupement général donc. Je suis le rythme mais cette fois Nicolas n’est pas au mieux, par contre Jérémie et Pascal sont bien plus frais.

A force de faire le forcing en montée en compagnie et même si ils ont fait un plus gros détour que nous, nous étions fortement revenu sur le groupe de tête.

Ça va se jouer entre Pascal et Jérémie pour la gagne et entre moi et Nicolas pour la 3ième place. confused

Je lâche en effet sur eux puis sous le Col des Contrebandiers, Nicolas craque petit à petit puis nettement dans mon sillage. Je me retourne au col, personne, il est pris de crampes environ 300 m plus loin.

Je suis seul en 3ième position et il faut désormais que je gère cette place. Mais c’est le coup de mou général, les forces me quittent. La preuve : je n’arrive pas à suivre le 3ième solo que j’avais assez facilement doublé plus bas. Les solos m’impressionnent.

Et je pense à cette crête du Veyrier qui peut faire de gros écarts en cas de défaillance. Je suis en plein dedans L Mais Nicolas ne revient pas derrière.

Je monte vraiment péniblement, la tête dans le sac, à ne penser qu’une chose : m’accrocher à cette place.

Sur cette crête interminable et effectivement très technique, j’ai du mal à courir alors que ce devrait être le cas, j’ai la tête qui tourne, le ventre pas au top, je me ravitaille et ce soleil qui finit de ma taper sur la tête. Pffiooou, dur dur.

Des relances sans cesse sur cette crête qui font mal, je suis en mode automatique, les jambes doivent m’emmener à Annecy et j’essaie de me remonter le moral : l’arrivée au Pâquier sur cette belle pelouse, une bière bien fraîche en terrasse, je pense à Sandra, à la famille, à mon oncle, toutes les petites ou grandes choses qui me disent de m’accrocher et de ne pas sombrer.

La descente est enfin là, je suis même surpris que personne ne revienne tellement j’ai l’impression de ne pas avancer.

Je tombe à plusieurs reprises dans la partie la plus technique : assez lourdement sur l’épaule, je tape le genou contre un rocher plus tard, je glisse à l’arrière, 3 chutes en l’espace de 5 min.

Heureusement, la descente devient nettement moins raide et plus facile, j’essaie de relancer, j’y parviens comme je peux.

Je sens la chaleur augmenter au fur et à mesure que l’altitude décroît. Je vois le lac, les berges aménagées.

Encore 2 km de plat, pas la mer (le lac je devrais dire !) à boire pour quelqu’un comme moi qui fait des 10 kms et plutôt une occasion de relancer et de finir fort. confused

Je cours à 12 km/h parfois 13, comme un pantin. L’ambiance est assez surréaliste : nous courrons vraiment en bord de lac, je m’imagine dans le lac en fin de course comme récompense, je vois l’arche au fond, il faut beau, chaud. Quasiment personne ne nous encourage, c’est farniente face au lac. Tout ce qui est derrière est inexistant !

Je remercie les rares passants qui m’encouragent, j’encourage les relais que je double. Je me retourne à plusieurs reprises, personne au loin, la 3ième place est acquise, j’ai un peu de mal à le croire. J’ai la banane, j’oublie la fatigue, je vois les barrières et ce plat interminable, je vois Sandra, Gaël et Stéphanie, je suis sur mon petit nuage, je passe la ligne en marchant.


Enfin ! Heureux 3ième en 4h54 à 9 min et 7 min respectivement de Pascal Mouchague et Jérémie Chapuis. biggrin smile Le 4ième suit à 7 min, Philippe réalise une superbe course et termine 8ième en 5h11, Ludo longtemps dans le top 10 termine 21ième en 5h34 pris de crampes et de problèmes gastriques. Mais il a beaucoup appris, c’est du tout bon pour plus tard ! Frédéric, le pote à Philippe termine en 5h47, fin prêt pour le Défi.

C’est le moment du podium avec une initiative sympa : podium hommes et femmes ensemble puis séparément.

Je me retrouve ainsi sur la même marche que Josianne Piccolet, 3ième du 40 km dames et actuelle première au Challenge Salomon.

Cela fait relativement oublié les nombreux problèmes de balisage qui se sont présentés notamment pour les solos.

C’est la fin de la saison 2008/2009 sur cette excellente note et souvenir.

Rendez-vous début août pour la reprise plus motivé que jamais avec des 10 kms en Septembre et Octobre et mon premier marathon en Novembre !
Dur dur sur la crete
Belle vue sur le lac
L arrivee enfin a Annecy
Le podium mon premier
Sous le col de la Forclaz
Commentaires




Qui : Ben
Date : 27.07.2009
Commentaire : Merci Denis et Max. 1 Alors pour les bâtons, j'ai oublié de dire que Sandra me les a donné après le Col de la Forclaz et je lui les ai redonné à Bluffy. Le col de la Forclaz était trop roulant pour les prendre, j'ai bien fait. Par contre, j'aurais du m'en passer jusqu'à Bluffy et les prendre pour le Veyrier. Il m'aurait bien soulagé. Après bâtons ou pas bâtons, on n'a les pour et contre : plus grosse dépense calorique mais soulagement en cas de fatigue, difficile à mesurer ce qui est bon ou pas . 2 Pour le ravito, tu fais bien de poser la question ! Je cite le règlement de l'Annécime: Le ravitaillement personnalisé n’est autorisé que dans les zones de ravitaillement prévues par l’organisation, tout ravitaillement effectué en dehors de ces zones sera disqualificatif. 3 Oui les ravitos étaient mal placés, c'est l'une des difficultés de la course et j'aurai sûrement du manger au début de la descente du Bluffy. C'était plus ou moins prévu mais c'était à un moment de la course où je ne voulais pas perdre de la distance vis à vis du second et refaire mon retard de la descente. Mais j'aurais du m'alimenter quoiqu'il en soit en solide avant tu as raison. Enfin,petit pub pour mon gel qui est maison et 100° bio et réutilisable: pas de déchets !

Qui : Karma
Date : 27.07.2009
Commentaire : Bonjour Benoit, félicitations pour cette jolie course et de bien belles photos, au plaisir de te croiser sur les sentiers. J'en profite pour envoyer qques encouragements à Max pour le DUR DUR Chaberton du weekend prochain

Qui : denis
Date : 27.07.2009
Commentaire : Salut Benoit, ben la ca fait plus rire. Connaissant le parcours sur sa totalité, je peux dire que les sections décrites sont en effet bien cassantes. Chapeau bas. 3 questions : 1/ Pourquoi n'as tu pas pris les batons. 2/ L'aide est-elle autorisée au ravitaillement, 3/ Pourquoi as-tu mangé au bout de 2H35. perso je trouve le ravito mal placé car juste avant la derniere bosse

Qui : Max
Date : 27.07.2009
Commentaire : Bravo Benoit ça n'a pas été facile apparemment mais ce résultat n'en est que plus beau. A bientôt dans les montagnes